J’ai testé le Bikram: le Yoga chaud!

J'ai survécu au yoga Bikram
Cet article est le numéro sur 4 de la série Cette fois ça y est, je me mets au Yoga

Je m’efforce de ne pas trop parler ici de Yoga, pour une raison que j’expliquerai peut-être plus tard. Mais j’ai aujourd’hui une bonne raison de le faire, pour partager mon expérience puisque j’ai enfin testé le Yoga Bikram. Plusieurs fois!

Du Yoga sous 40°!!!

Le Bikram est une branche assez récente du yoga, qui se pratique dans une salle chauffée à 40°. L’idée serait de reproduire les conditions climatiques du pays d’origine du Yoga (au cas où: c’est l’Inde). La chaleur aurait plusieurs avantages:

  • Favoriser le réchauffement des muscles et ligaments, ce qui permet de gagner plus rapidement en souplesse
  • Augmenter le rythme cardiaque, permettant de bruler plus de calories
  • Eliminer plus vite l’acidité du corps

Concrètement comment ça se passe?

Les séances durent 90 minutes, durant lesquelles on pratique une série de 26 postures, qui sera toujours la même, séance après séance. Comme pour la plupart des cours de yoga, il n’y a pas de groupes de niveaux. On fait ce que l’on peut, la progression viendra au fil des séances.

Le cours se pratique en silence, seul le  professeur donne les instructions. Les débutants doivent observer les habitués, mais le prof arpente les rangées pour corriger les élèves.

Il est conseillé d’entrer dans la salle une dizaine de minutes avant le début de la séance, histoire de s’acclimater.

Le bikram se pratique en habit léger, très léger. Le plus souvent short et torse nu pour le hommes, brassière shorty pour les femmes. Sur le tapis de Yoga, on pose une serviette. Et pour cause: on transpire très vite, et très fort! Heureusement, on peut boire une petite gorgée (d’eau) entre chaque posture, sauf pendant l’échauffement c’est à dire les 30 premières minutes environ. La séance se termine bien entendu par un temps de relaxation, que chacun peut prolonger à l’envi, la salle restant disponible au moins 30 minutes entre chaque cours.

La première fois ça pique un peu

Bilan des courses? La première séance m’a semblé incroyablement longue et pénible. Pour les suivantes, ça s’est mieux passé, le fait de savoir à quoi m’attendre sans doute. Le simple fait d’arriver au bout procure une grande satisfaction personnelle. La séance est assez intense, et la chaleur augmente effectivement le rythme cardiaque. C’est plutôt motivant de constater la marge de progression qu’il nous reste à accomplir.

Une gymnastique douce et du folklore

Malgré cela, la sensation de bien-être m’a semblé beaucoup moins forte qu’à la fin d’une séance d’Iyengar. L’esprit est complètement différent, on doit atteindre à peu près la posture finale, quitte à s’arranger un peu avec la rigueur. Par exemple pour attraper ses gros orteils, on a le droit de plier un peu les genoux et d’arrondir le dos. En Iyengar, on va plutôt utiliser des supports, notamment des briques en bois, pour rendre la cible plus atteignable, par contre on ne fait aucune concession sur ce qu’on appelle « l’éthique de la posture ».

Autre différence, en Iyengar, on pratique une variété bien plus importante de postures, notamment les postures inversées, très importantes.

Pour des raisons (officiellement) de coûts élevés, le Bikram se pratique dans de grandes salles. Celle ou je suis allé peut accueillir jusque 50 personnes. Avec ce nombre d’élèves, un professeur ne peut pas avoir une approche personnalisée, bien que j’aie trouvé qu’elle avait un regard attentif, en particulier sur les débutants.

Par contre, avec ce nombre d’élèves et surtout des niveaux aussi disparates, il n’est pas envisageable de pratiquer des postures plus acrobatiques, nécessitant matériel et aide personnalisée; comme Shirsasana, par exemple, posture inversée sur la tête et les coudes. Ce sont pourtant des postures essentielles dans le yoga.

La battle des Yogas

Au final, je trouve que le Bikram est philosophiquement assez éloigné des racines du Yoga. La notion de chaleur relève pour moi plus d’un artifice folklorique imaginé par un service marketing que d’une découverte fondamentale favorisant la pratique yogique.

Toutefois, je ne mets pas en doute les bénéfices pour les personnes qui le pratiquent. Le Brikram rend la notion de dépassement de soi beaucoup plus palpable, et c’est certainement un élément de motivation important pour bon nombre de pratiquants. Ce qui compte c’est que chacun trouve la discipline qui lui convient. Pour ma part, je n’exclut pas de remettre les pieds dans une salle de Bikram de temps en temps, mais ma branche de prédilection reste pour l’instant l’Iyengar.

Iyengar 1 – Autres yogas 0

Ah ben il va falloir que j’aille en tester d’autres alors! Des suggestions?

 

Laissez un commentaire